Éteignez la télé !
Ayant grandi en tant qu’enfant de pasteur scolarisée à la maison dans une famille à faible revenu, il a fallu un jour de préparation à notre famille avant de pouvoir allumer la télévision.
Écrit par Emily Wierenga
Tout d’abord, papa a dû descendre les escaliers jusqu’au sous-sol et enlever la poussière de la vieille boîte noir et blanc. Puis, après l’avoir montée et installée, il s’est rendu à la bibliothèque locale où il a loué un magnétoscope. Ensuite, nous avons choisi un film à louer — ce qui demanda aussi beaucoup de réflexion parce que nous ne pouvions regarder que des films de classement « Visa général ». Finalement, après avoir fait éclater le maïs soufflé sur la cuisinière, nous nous sommes rassemblés autour de la télévision pour une soirée de divertissement en famille.
Mais de nos jours, les enfants n’ont aucun problème à jeter leur sac d’école de côté et à se laisser tomber devant la télévision, cliquant sans réfléchir sur des centaines de chaînes, durant plusieurs heures, pendant que les dessins animés et les programmes journaliers moulent leurs esprits si influençables.
Bien sûr, ils vont peut-être s’arrêter pour souper, et seront peut-être forcés de faire des devoirs, mais ce n’est pas rare que la télévision leur chante une berceuse au moment de s’endormir.
Un compagnon permanent
Une étude rapportée par l’Agence France-Presse en 2008 a démontré que le plus les garçons en âge préscolaire sont exposés à la violence véhiculée par la télévision — en particulier les dessins animés violents — le plus il est probable que plus tard, ils vont agir agressivement, être désobéissants et vont connaître des difficultés dans leur vie.
Le chercheur principal, Dr Dimitri Christakis a dit à l’AFP, « Ce que les parents ne réalisent pas c’est que les enfants à l’âge préscolaire ne font pas la distinction entre l’imaginaire et le réel, comme le font les enfants plus âgés et les adultes. Pour eux tout est très réel. »
Pour de nombreux parents, la télévision fait office de nounou électronique ; c’est un moyen à portée de main pour occuper les enfants pendant que maman et papa préparent le souper ou prennent du temps pour eux.
Une étude récente publiée dans le Canadian Medical Association Journal a montré que la moyenne canadienne de l’enfance sédentaire regardant la télévision était de trois à cinq heures par jour. Les enfants de six ans et au-dessous passent une moyenne de deux heures par jour utilisant l’écran média (que ce soit internet, les jeux sur ordinateur ou la télévision) alors que 26 pour cent ont une télévision dans leurs chambres.
La nature des troubles déficitaires
L’imagination, les livres, les histoires sur bande enregistrée et les jeux de plein air, comme le hockey dans la rue et le basketball avec le quartier, sont devenus des choses du passé, alors que la réalité virtuelle remplace la situation réelle.
Aiden Enns, publicateur du magazine Geez, a écrit dans un ancien numéro, « Je ne veux pas que les (films) faussent ma perception du monde naturel. Quand je vois les oiseaux dans le ciel, je ne veux pas penser à un film documentaire, je veux penser aux oiseaux dans le ciel. »
Si vos enfants sont des apprenants visuels, leur « image » qu’ils ont du monde sera déterminée par le temps passé derrière la télévision par rapport à la quantité d’engagements qu’ils vont connaître dans la vie réelle.
Malheureusement le temps passé devant la télévision par les enfants d’aujourd’hui est plus important que tout le temps consacré à lire et à jouer en plein air.
Avec les 80 pour cent de Canadiens vivant dans les zones urbaines, il est plus facile, en fait, pour les enfants de télécharger des photos de la nature plutôt que d’en faire l’expérience. « La nature, que vous observez sur une chaîne, est de plus en plus une idée abstraite », dit Richard Louv, auteur de Le dernier enfants dans les bois (disponible en anglais: Last Child in the Woods).
« La (grande boîte) esthétique s’est glissée dans nos têtes, » continue Enns dans son article. « Nous recherchons des couleurs vives, des boutons brillants. Nous semblons jouir de tout ce qui nous déconnecte de notre environnement naturel. »
Récemment, des efforts fédéraux et provinciaux ont été faits pour rétablir l’importance des activités de plein air chez les étudiants canadiens. Les finances pour les sports d’amateur ont augmenté, avec un pour cent des dépenses de santé dirigées vers le sport et les activités physiques. Et un crédit d’impôt pour la remise en forme des enfants a vu le jour en janvier 2007. Mais l’entraînement commence réellement à la maison.
Il est crucial pour les familles de prendre du temps pour les randonnées, la marche, la bicyclette ou le camping afin d’éviter ce que Louv appelle « la nature des troubles déficitaires. »
« Il peut s’agir du bouquet d’arbres au bout du cul-de-sac ou de la ravine près de la maison, » dit Louv. « Pour un enfant, ils peuvent représenter tout un univers. »
Effets physiques et émotionnels secondaires
Au cours des deux dernières décennies, selon un rapport de l’institut canadien d’information sur la santé, les taux d’obésité ont presque triplé parmi les enfants canadiens. De même, les auteurs du rapport ont noté que quatre jeunes Canadiens sur cinq ne sont pas assez actifs pour répondre à des références internationales pour la croissance et le développement optimal.
Le pédiatre Dr Peter Nieman reconnaît la gravité de cette situation. Travaillant principalement avec des enfants obèses à la clinique pédiatrique d’obésité à Calgary, en Alberta, il connaît l’influence directe qu’a la télévision sur ce qu’il appelle « manger inconsciemment ».
Il dit, « On fait des choix nutritionnels pauvres à cause des spots publicitaires de nourriture malsaine. »
Il note aussi l’effet négatif qu’a la télévision sur la personnalité des enfants. « Plus ils restent longtemps devant la télévision, plus ils se transforment en zombies. Ils commencent à critiquer et à être grossiers. C’est un outil désensibilisant, » dit-il.
Une affaire de cœur
Nieman compare la télévision à un étranger que l’on introduirait dans la maison. Il dit que nous n’avons aucun problème à laisser des étrangers parler chaque jour à nos enfants, au travers de la télévision, alors que « nous disons à nos enfants de ne pas parler avec des étrangers ».
Alors qu’il est impossible d’éviter le mal dans le monde, il est possible de le censurer chez nous.
« De plus en plus de familles chrétiennes… se concentrent sur le positif, ou rationalisent le négatif en l’utilisant pour instruire leurs enfants. » Mais pour chaque point négatif, il en faut 10 de positifs pour le contrebalancer, » dit Nieman.
Et la télévision a certainement ses points négatifs. Comme le dit le fondateur de Focus on The Family, le Dr James Dobson dans la brochure, The Impact of télévision on Young Lives, « Beaucoup de nos émissions de télévision tournent autour de la haine de l’homme, que ce soit entre les classes et les races ou que ce soit entre mari et femme. Nous nous concentrons sur le pire que la vie nous offre et les pires éléments de notre société. »
Il revient aux parents de filtrer le matériau et de protéger l’esprit et le cœur de leurs enfants des effets nuisibles de l’un des portails de communication les plus puissants au monde. « Je pense que c’est une bonne idée de rassembler toute la famille et de parler spécifiquement de la télévision, » continue le Dr Dobson. « Enseignez à vos enfants non seulement ce qu’ils peuvent ou ne peuvent pas regarder, mais expliquez pourquoi ; aidez-les à apprendre à réguler leurs propres habitudes. Donnez-leur une compréhension de ce qui est mauvais avec la télévision et combien elle peut être préjudiciable. Cela vaut mieux qu’une série de (règles inexpliquées) et des interdictions arbitraires. »
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