Confrontation mère-fille
Que faire quand vos adolescents se rebellent ?
Écrit par Annette Cole
Les murs vibraient au rythme de la musique rock de ma fille Janet. Je lui ai demandé de baisser le volume. Elle ne l’a pas baissé, alors c’est moi qui l’ai fait. Ma fille de 15 ans a tourné à nouveau le bouton et s’est dressée devant sa stéréo, me défiant d’essayer à nouveau. L’idée de me disputer avec elle me révulsait. Comment ma petite fille était-elle devenue cette adolescente agressive et rebelle ?
L’attitude de Janet m’avait prise au dépourvu. Mes trois enfants plus âgés avaient traversé l’adolescence relativement tranquillement. Le comportement de Janet vis-à-vis de l’alcool, du blasphème, du sexe, de la cigarette et de la drogue a mis sens dessus dessous notre famille chrétienne monoparentale.
Certains disaient que sa rébellion était causée par un manque de discipline. D’autres pensaient que c’était à cause de la mort de son père quand elle avait 9 ans. Quelle qu’en soit la raison, il me fallait trouver comment gérer le présent et aider ma fille. La famille et les amis de l’église me donnaient des conseils contradictoires. Désorientée et blessée, je me suis rendue au seul endroit où j’étais sure d’avoir une réponse : au pied de mon lit, où j’ai prié. J’ai supplié Dieu de m’aider en trempant de mes larmes le dessus de lit.
Pas de solution miracle
J’ai cherché désespérément ce qui « réparerait » Janet : les mots justes, le bon livre, le meilleur conseiller. Je me suis dit que lorsque j’aurais trouvé la solution, ma fille aimerait de nouveau sa famille, reviendrait à l’église et travaillerait bien à l’école. Dieu m’a montré la futilité de ma quête et m’a forcée à me poser des questions qui dérangent.
Est-ce que je croyais vraiment qu’Il aimait Janet plus que je ne l’aimais moi-même ? Est-ce que je Lui faisais confiance pour prendre soin d’elle ? Est-ce que j’étais prête à Le laisser faire en ce qui concerne sa vie ? J’ai lutté et parlementé, mais finalement j’ai murmuré : « Oui ». Mon oui m’a aidé à voir qu’il n’existait pas de solution parfaite, à part la Croix. Jusqu’au moment où Janet se tournerait à nouveau dans cette direction, je ne pouvais que faire de mon mieux et Lui laisser le reste.
De l’aide concrète
Même si Dieu m’a offert une aide spirituelle, Il savait que j’avais besoin d’aide concrète. J’ai travaillé avec l’école, notre église et un thérapeute. Et quand Janet a fait une fugue, j’ai pris la décision déchirante de la placer dans un centre éducatif fermé.
Auparavant, en réponse à ses mauvais comportements et à sa rébellion, j’avais puni Janet et lui avait ôté des privilèges, mais ma discipline aggravait sa colère. Après sa fugue, quand je l’ai retrouvée et lui ai demandé de rentrer à la maison, elle a menacé d’appeler les services sociaux si je la touchais. Je ne savais pas quoi faire d’autre. Les employés du centre éducatif m’ont conseillé de répondre avec fermeté.
Un conseiller a expliqué pourquoi parfois, la confiscation des libertés ou des privilèges n’est pas la solution. « Pour beaucoup d’adolescents en colère, la discipline à long terme ne fait qu’alimenter l’exaspération. Tant qu’elle est en place, l’adolescent rumine les restrictions, bouillant à l’intérieur. » Le conseiller m’a encouragé à utiliser une discipline immédiate, tel que nettoyer la salle de bains ou laver la voiture.
« Dites-le une fois, puis annoncez clairement qu’il n’y aura pas d’amis, de téléphone, de repas ou de loisirs tant que cela ne sera pas fait. Quand la tâche est achevée, oubliez l’incident. » Un autre a ajouté : « Votre fille est trop grande pour que vous la contrôliez, mais vous pouvez contrôler ce qui est de votre côté ». Cela m’a aidé à décider de ne pas dire à Janet ce qu’elle avait le droit de faire ou pas, ce qui revenait à jeter de l’huile sur le feu.
Au lieu de cela, si elle voulait faire une chose inacceptable, je devais expliquer pourquoi je désapprouvais et refuser de la conduire, lui donner de l’argent ou de l’aider. Qu’il s’agisse d’aller en ville un soir de la semaine ou de se rendre chez l’un de ses amis douteux, Janet devait se débrouiller. Mes nouvelles options m’offraient des moyens de faire respecter les limites.
La Force de Dieu
L’aide concrète et spirituelle de Dieu m’a permis de voir comment le tourbillon de mes émotions affectait ma manière d’être parent. Ma pensée allait de « Si seulement Janet pouvait s’enfuir » à la crainte qu’elle ne le fasse. J’avais l’impression de la détester, puis j’étais écrasée par un sentiment de culpabilité. Ces émotions rendaient toute cohérence impossible. Il me fallait la force d’aller au-delà.
« Je suis tout le temps effrayée ou en colère » ai-je dit à Dieu. « Je voudrais ne plus rien ressentir, mais dans ce cas, comment pourrais-je encore aimer Janet ? Dieu, je t’en prie, prend mes émotions et garde-les en sécurité. »
Après avoir prié, armée d’une force nouvelle, sereine, j’ai repris le contrôle. Janet l’a remarqué et a essayé de saper cela en se comportant mal. Ses actions me blessaient, mais d’une façon ou d’une autre, j’ai réussi à faire ce que je devais et j’ai cessé de discuter. « Votre fille aime le combat », a dit l’un des conseillers. « Elle aime le flux d’adrénaline qu’elle en reçoit. Il faut refuser de lui donner des munitions.»
Quand je réalisais que nous commencions à crier, je disais : « J’ai pris ma décision ; la discussion est terminée. » Elle exigeait que je continue. Elle claquait les portes et faisait tomber les cadres accrochés aux murs. Mon estomac faisait des nœuds, mais je refusais de me battre.
Un soir, alors que je lui avais interdit d’utiliser la voiture, elle s’est déchaînée. J’ai abordé le problème avec elle, mais elle a refusé de se calmer. Je lui ai parlé d’une voix calme : « Janet, je peux supporter cela pendant un temps, mais pas pour toujours. Un jour, je devrai mettre tes affaires dehors et changer les serrures de la maison. » Elle a répondu en criant : « Si tu fais ça, je te rendrai la vie insupportable. »
Le cœur serré par la souffrance, j’ai répondu : « Oui, je sais que tu peux. Et moi, je peux appeler la police, mais est-ce vraiment la relation que tu veux avec moi ? »
La franchise de ma question l’a surprise. Son visage perdit la rougeur de sa colère. « Non » a-t-elle dit.
Restez solide
Parce que les réponses de Dieu n’étaient ni rapides ni faciles, je L’ai remis en question. Il a promis dans sa parole qu’il serait un père pour ceux qui n’en ont pas. Comment pouvait-Il abandonner la plus jeune de mes filles ? M’étais-je trompée en Lui faisant confiance ? Mais je me suis alors souvenue de la tendresse du Seigneur au moment de la mort de mon mari, de la façon dont Il avait pris soin de nous financièrement et du fait que mes autres enfants L’aimaient. Il fallait que je m’accroche à Lui. À 17 ans, Janet déclara : « Je veux quitter la maison, mais est-ce que je peux venir te voir, dîner de temps en temps et pour les fêtes ? » J’ai accepté.
Janet a aujourd’hui 29 ans et chaque année ses choix s’améliorent, même si elle n’est pas retournée vers Jésus-Christ. Nous nous respectons et elle me dit souvent : « Je suis désolée de la manière dont je t’ai traitée, Maman.»
Dans ma décision de faire confiance à Dieu, Il a transformé les larmes et la souffrance. Il m’a aidée à aimer Janet sans condition et à attendre le retour de ma fille.
Annette Cole vit à Springfield, dans l’Oregon.
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Illustration by Tyler Tsuyuki