Démontrer l’amour de Dieu en servant son prochain

La journée Familles en fête à Disraeli, à l’occasion de la semaine québécoise des familles.

Écrit par Jeremy Favreau

Quoiqu’il n’existe aucune recette magique, les églises québécoises trouvent de plus en plus de moyens créatifs de démontrer l’amour de Dieu dans leurs communautés. Par des actes de service au quotidien autant que par l’organisation d’événements d’envergure, elles découvrent des façons percutantes d’incarner l’évangile autour d’elles.

C’est ce que fait depuis plusieurs années maintenant l’Église Évangélique de Disraeli, dans la région Chaudière-Appalaches du Québec. Chaque année, les membres de cette église organisent un camp d’été pour les enfants, une soirée spéciale pour les couples à la Saint-Valentin et une comédie musicale très populaire depuis maintenant 10 ans. Et tous ces projets, bien que mis en œuvre par l’église locale, sont organisés en tant qu’événements pour toute la population locale.

Cette année, ce fut le temps d’entreprendre un projet nouveau : organiser une fête pour les familles de la région.

LA JOURNÉE FAMILLES EN FÊTE !

Il est presque 11 h et le Parc de la gare sur le bord du lac Aylmer bourdonne d’activité. Les bénévoles en t-shirts rouges s’affairent à mille et une choses, mais l’esprit qui règne est serein : on sait ce qu’on fait et surtout pourquoi on le fait. À 13 h, pas moins de 6 jeux gonflables géants, plusieurs stands de nourriture gratuite et une mini-fermette incluant un veau et un paon ont été installés sur les lieux. Que le fun commence !

Les familles de cette petite communauté de 2500 personnes arrivent sur les lieux et, sur un fond musical entrainant, se livrent aux diverses activités. Les vers du slammeur longueuillois Emmanuel Hyppolite intriguent et interpellent les participants à plusieurs reprises au courant de l’après-midi. Tout le monde semble apprécier le ton de la journée. Bien qu’il ne soit jamais facile d’arracher ses enfants des jeux gonflables, les parents ont l’air contents, eux aussi, de rester sur les lieux pendant des heures à jaser, manger, et simplement profiter d’une belle atmosphère relaxe et accueillante.

Mais il y a une question que tout le monde se pose : « Pourquoi vous faites ça ? » Et c’est à plusieurs reprises que les bénévoles vêtus de rouge, le sourire aux lèvres, ont pu partager à leur façon le pourquoi de cette journée bien spéciale. « Dieu nous aime et il aime la famille. C’est parce qu’il est si généreux envers tous sans exception que nous avons voulu organiser cette journée. » Et pour tous les gens qui reçurent ce don tangible, le message n’est pas passé inaperçu.

DÉVELOPPER UNE CULTURE DE COMPASSION ENVERS SES VOISINS

« Un travail de longue durée est requis pour se conscientiser à la compassion pour ses voisins… ça ne vient pas de manière naturelle. » C’est ainsi que le pasteur Pierre Gagnon exprime le cheminement qui a amené les membres de son assemblée à penser aux besoins de leur ville. Selon lui, c’est seulement par le maintien d’une vision dirigée vers l’extérieur des quatre murs de l’église qu’une communauté chrétienne développe un style de vie de service à la communauté élargie. Et dans le cas de cette église, la persévérance dans cette optique a porté ses fruits.

Ce n’est pas seulement par l’organisation de grands événements, comme la journée Familles en fête que les membres de l’Église Évangélique de Disraeli servent au sein de leur ville. En fait, plusieurs personnes sont impliquées à divers niveaux dans les activités de bienfaisance et autres qui s’organisent dans la région. Qu’il s’agisse de participer à l’organisation de La journée trippante ou d’un programme d’aide aux devoirs, les croyants de cette petite communauté ont à cœur leur ville, et ils le démontrent de toutes sortes de façons dans leur quotidien.

C’est justement en raison de ce désir de connecter avec leurs voisins, et grâce aux relations préexistantes avec eux, que la journée Familles en fête a pu être prise en charge par l’église et être communiquée ouvertement dans les écoles et autres lieux publics de la région. Dany Houde, organisateur principal de la journée et pasteur assistant de l’église, a tout d’abord soulevé l’idée avec le directeur des loisirs de la ville dans le vestiaire de l’aréna local où ils jouent ensemble au hockey. La résistance à laquelle font souvent face les églises et organismes chrétiens fut balayée par la confiance qui existait déjà au sein de la relation.

AIMER GRATUITEMENT : L’ÉVANGILE TANGIBLE

« Pourquoi n’avons-nous pas chargé de prix d’entrée à l’événement ? Et pourquoi n’avoir pas mis le nom de notre église sur de grandes affiches un peu partout autour du parc ? Certaines personnes ne savaient peut-être même pas qui a mis tous ces efforts pour leur donner cette belle journée ! » Cette remarque rétrospective, de la bouche d’un jeune garçon de l’église, met le doigt sur la motivation derrière cette journée. Et elle nous porte tous à nous poser cette question : est-ce que démontrer la nature de Dieu à travers le don de soi, l’amour et la grâce, est en soi une expression valable de l’évangile ? Devons-nous voir immédiatement les résultats pour que nos efforts soient bien investis ?

Ce n’est qu’avec le temps que tout l’impact de cette journée se fera sentir. Mais, tout comme les grâces journalières du soleil et de la pluie nous proviennent de Dieu et font vivre tous les hommes, qu’ils les reconnaissent ou non comme un don de sa main, l’amour véritable est toujours offert gratuitement, sans prérequis et sans condition.

La journée Familles en fête n’est qu’un chapitre dans la communication de l’amour de Dieu à Disraeli. Mais chaque connexion sincère, chaque acte de service et chaque démonstration de charité est un trait de plus dans l’image que les gens de cette communauté se font de Dieu et de la famille qui porte son nom. Depuis le 16 mai à Disraeli, la ville au complet a maintenant la chance de le voir un peu plus clairement.

 


Jeremy Favreau vit à Montréal avec son épouse Selene et leurs trois garçons. Formé en lettres et en théologie, il a travaillé dans le milieu des OBNL chrétiens pendant plusieurs années. Aujourd’hui, Jeremy se concentre sur les questions d’équité, de diversité et d’inclusion, et sur comment Dieu transforme intégralement les individus et les systèmes.

Tous droits réservés © 2015 Focus on the Family Canada Association.