Le cycle pour prendre soin de soi

Écrit par Docteur Greg Smalley, psychologue et Erin Smalley

Comment prendre soin de votre cœur quand on touche à vos points sensibles.

Que faire lorsque votre époux ou votre épouse vous pousse à bout ? Avant de répondre à cette question, nous aimerions établir quelques « règles d’engagement ».

  1. Nous n’acceptons pas l’idée selon laquelle « la fin justifie les moyens ». Beaucoup de gens croient, ou agissent comme s’ils croyaient, que, peu importe la manière d’y arriver, l’essentiel est d’aboutir à un résultat acceptable. En réalité, il est impossible de calculer la quantité de dégâts et de souffrance qui découle des batailles conjugales, peu importe si le problème du couple finit par être résolu.
  2. Nous croyons que la manière dont on passe du point A au point B est tout aussi importante que le résultat. Nous mettons les couples au défi de régler leurs conflits et leurs différends avec bonté et respect. Nous vous demandons de traiter votre mari ou votre femme comme quelqu’un que vous appréciez (et même que vous aimez profondément !) et non comme un ennemi. À long terme, vous ne pouvez pas vous permettre de laisser vos conflits conjugaux créer un trop grand nombre de pertes et de blessures.
  3. Nous ne sommes pas là pour vous enseigner à vous battre équitablement. On se bat avec un adversaire, mais, comme nous venons de le dire, votre moitié n’est pas votre ennemi ! Votre époux ou votre épouse est votre ami et votre amoureux(se). Il s’agit plutôt de créer une « zone sans dispute » chez vous. Vous devrez toujours gérer les conflits et les différences entre vous, mais le but est de les approcher avec énormément de respect et de soins, comme le feraient des amis.

Briser le cycle réactif

Pour briser un cycle de conflits malsain, il est important de comprendre ce que font habituellement les couples pour faire cesser cette folie : soit ils essaient de corriger le comportement de l’autre, soit ils serrent les dents tout au long de la conversation. Ces deux stratégies sont une profonde perte de temps !

Voici ce qui se passe généralement. (Nous prendrons notre propre cas en exemple.)

Lorsqu’un point sensible est touché chez Greg, il essaie généralement de pousser Erin à arrêter ou à modifier ses réactions. Bien sûr, cela paraît plutôt logique, mais cette stratégie nous fait du mal à tous les deux. De toute façon, quel pouvoir et quel niveau de contrôle a réellement Greg sur le libre arbitre d’Erin ? Aucun ! Donc, pour l’amener à changer de comportement, il faudrait qu’il la persuade de réagir différemment. Malheureusement, le résultat est plutôt qu’Erin se sent manipulée, jugée et critiquée. Pour arriver à ses fins, Greg devient manipulateur et cherche à contrôler Erin. Ce n’est pas ainsi que le Seigneur agit envers nous lorsque nous utilisons mal notre volonté et, de toute façon, Greg n’a aucune envie d’être une personne manipulatrice.

Alors que pouvons-nous faire pour briser ce cycle de manière efficace tout en restant juste ? Où se situent notre responsabilité et notre pouvoir ?

La bonne manière de changer notre cœur

En tant qu’adulte parfaitement capable, Greg est responsable de Greg. Lorsqu’il sera devant Dieu, il sera responsable de la manière dont il a agi dans l’instant, quel que soit ce à quoi il est confronté. Donc, en ce qui concerne le cycle réactif, Greg est responsable de ce qu’il ressent (ses points sensibles) et de ce qu’il fait (ses réactions).

C’est là qu’il a du pouvoir. Et la bonne nouvelle est qu’il ne faut qu’une seule personne pour mettre un terme à un cycle réactif. Greg comme Erin peuvent arrêter ce cycle sans la coopération de l’autre. Voilà ce qu’on appelle du pouvoir ! C’est exactement ce que décrit Matthieu 7.3-5 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? Hypocrite, enlève d’abord la poutre de ton œil, et alors tu verras clair pour retirer la paille de l’œil de ton frère. » Dans ces versets, Jésus explique qu’avant de vous concentrer sur la « paille » dans l’œil de votre femme ou de votre mari, regardez d’abord la « poutre » dans le vôtre. En d’autres termes, commencez par vous occuper de vous.

Dans un tel contexte, nous voulons dire aux époux que, lorsque leurs points sensibles sont touchés, leur première réaction devrait être de s’occuper de leur cœur et de travailler à le rouvrir. Quand votre cœur est ouvert, vous pouvez répondre à l’autre plutôt que de vous contenter de réagir.

Répondre, c’est apporter une réponse semblable à celle de Christ parce que vous vous concentrez sur l’écoute, le soin et la compréhension de l’autre. C’est ce que décrit le roi Salomon en Proverbes 16.23 : « Le cœur du sage rend sa bouche prudente. » Un cœur ouvert permet une conversation saine.

Alors, comment rouvrir son cœur ? Revenons ensemble sur notre histoire au Japon.

J’ai fini (Greg) par chercher Erin et Murphy pendant une demi-heure sans succès. Plus je cherchais, plus j’étais inquiet et frustré par la situation.

Enfin, j’ai retrouvé ma femme et ma fille au moment où elles sortaient du temple construit en hommage à l’un des empereurs japonais. Entre parenthèses, cette visite du temple était la raison même de notre venue dans ce parc… et elles l’avaient faite sans moi.

J’étais furieux !

– Mais où vous étiez ? ai-je crié.

– Quand tu nous as abandonnées, m’a répondu Erin avec sarcasme, on a continué à avancer. On s’est dit que tu finirais bien par nous rattraper pour t’excuser.

– M’excuser ? ai-je explosé. MOI ? C’est vous qui m’avez laissé tout seul. On était censé faire cette visite ensemble. En plus, je vous rappelle que je suis le seul à savoir comment retrouver notre hôtel !

À ce stade, je vous épargnerai le reste de la conversation. Je suis à peu près certain que vous pouvez imaginer comment ce conflit a rapidement dégénéré.

Cependant, nous espérons qu’il est clair à quel point il est inutile de tenter de résoudre un conflit de couples quand les cœurs ne sont pas ouverts. Dans ce type de dispute plutôt que d’essayer de le résoudre en en parlant immédiatement, quelle serait une meilleure approche pour commencer ?

Tandis que nous rentrions à l’hôtel en silence, nous avons fini par suivre le conseil de Jésus en Matthieu 7 et nous avons tous les deux arrêté de nous concentrer sur ce que l’autre avait fait ou n’avait pas fait. Nous avons choisi de nous concentrer sur notre propre poutre, ce qui nous a permis de créer un espace entre nos points sensibles et nos réactions sur le vif.

Lorsque nous encourageons les personnes à « créer un espace », ils pensent souvent qu’il s’agit d’une distance physique entre eux. Parfois, cela peut aider de prendre physiquement du recul, mais ce n’est pas de cela que nous parlons ici. Nous voulons que vous créiez un espace entre vos points sensibles et votre réaction. Cette espèce supplémentaire vous donne la place de venir briser le cycle réactif.

Regardez les choses sous cet angle : le cycle réactif ne peut persister que si les deux personnes continuent à jouer. C’est un peu comme une partie de tir à la corde. Deux personnes tiennent la corde et tirent en directions opposées, mais, si l’un d’entre eux lâche la corde, la partie s’arrête. Le cycle réactif suit les mêmes règles. Si l’une ou l’autre des personnes impliquées choisit d’arrêter de réagir, le cycle prend fin. Erin ne peut pas continuer le cycle si Greg arrête de jouer. Elle peut continuer à se sentir contrariée, mais le cycle prend fin.

On peut avoir l’impression qu’il faut être doté d’une force surhumaine pour arrêter le cycle, refuser de réagir. C’est vrai. Il faut une très grande force, mais les deux époux bénéficient d’un tel effort. Et ce, pour la simple et bonne raison que le cycle réactif tourne en rond et ne mène le couple nulle part.

Le cycle pour prendre soin de soi

Maintenant que vous connaissez l’intérêt de créer un espace entre le moment où l’on appuie sur un point sensible chez vous et celui où vous réagissez, vous vous demandez peut-être comment le faire.

Le cycle pour prendre soin de soi est un processus simple en trois étapes qui peut vous aider à gérer ce qui se passe dans votre cœur lorsque vous êtes heurté, blessé, déçu ou en colère. Cet outil fonctionne, quelle que soit votre réaction habituelle à vos sentiments. Cela marche si vous avez tendance à être contrarié, si vous êtes facilement submergé par vos émotions ou si vous avez plutôt le réflexe de vous fermer et de réagir par l’évitement.

Le cycle pour prendre soin de soi fonctionne aussi parfaitement pour vous aider à gérer tout ce qui concerne les soins personnels. En développant les capacités que vous donne cet outil, vous pourrez aussi prendre soin de vous-même sur le plan physique, mental, émotionnel et spirituel.

Le but du cycle pour prendre soin de soi est de vous assurer que vous vous sentez toujours pris en compte. C’est un processus qui vous aide à devenir la personne que Dieu veut que vous soyez, à investir dans ces précieuses ressources qui vous ont été confiées. Puis à accomplir tout ce pour quoi Dieu vous a placé là où vous êtes, et ce, quelles que soient les circonstances.

Les trois étapes du cycle pour prendre soin de soi

Comment fonctionne le cycle pour prendre soin de soi ? Il se compose de trois étapes.

  1. Prendre conscience

La prise de conscience signifie que vous êtes à l’écoute des signaux que vous envoie votre corps pendant le conflit. Peut-être que le rythme de vos battements cardiaques augmente ou peut-être que vous vous mettez à transpirer et que vos épaules se tendent. Ces signes sont une indication que les émotions négatives sont présentes et que vous êtes entré dans le cycle réactif. Prêtez attention à ces signes, prenez conscience de leur arrivée, pour pouvoir faire des choix de manière intentionnelle ; le choix de prendre soin de vous-même plutôt que de rester dans cet état réactionnel. Une fois que vous vous êtes « éveillé » à vos émotions et que vous en avez pris conscience, vous réalisez que vous êtes dans ce cycle réactif. Vous vous dites quelque chose du genre : « OK, j’ai été poussé à bout ou blessé, je suis entré dans un cycle réactif. Il se passe quelque chose en moi qui mérite que je m’y intéresse. »

Une fois que vous avez compris que quelque chose vous a poussé à bout, choisissez de marquer une pause. Plutôt que de continuer à vous disputer ou à débattre de la situation, il serait probablement mieux de vous éloigner de l’autre pendant un bref instant pour permettre à vos émotions de s’apaiser. C’est exactement ce qu’écrit le roi Salomon en proverbe 29.11 : « Le sot donne libre cours à sa mauvaise humeur, le sage retient et calme la sienne » (Version Français Courant). Plutôt que de continuer à réagir (lutter ou fuir), choisissez de retenir et de calmer vos émotions.

Voici plusieurs choses à faire pour désamorcer vos sentiments négatifs :

  1. Respirer lentement plusieurs fois
  2. Faire de l’exercice
  3. Partir se promener
  4. Nettoyer la maison
  5. Écouter de la musique
  6. Prier
  7. Écrire dans son journal

La clé est de trouver quelque chose qui vous calme. En prenant cette pause, informez votre époux ou épouse que vous prenez ce temps pour rouvrir votre cœur. Vous reviendrez plus tard pour terminer la conversation. Il est important de noter qu’il ne s’agit pas de se « retirer ». Le retrait est une réaction de fuite négative. Il s’agit plutôt de marquer une pause pour pouvoir mieux reprendre la conversation plus tard. Les recherches montrent qu’il peut vous falloir environ vingt minutes pour vous calmer lorsqu’un point sensible a été touché chez vous. Nous avons également fixé une règle selon laquelle la personne qui demande une pause doit aussi être celle qui reprend la conversation, mais seulement lorsque les deux personnes estiment avoir le cœur ouvert.

  1. Être présent

Être présent signifie qu’il est temps de se mettre au travail. Dans cette étape, il s’agit de se poser des questions pour chercher à comprendre votre propre fonctionnement afin de trouver la meilleure stratégie pour prendre soin de vous-même. Le but est de trouver des options que vous pouvez mettre en œuvre par vous-même pour rester entièrement maître de votre propre situation.

Posez-vous les questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que je ressens en ce moment ?
  2. Qu’est-ce que ces sentiments essaient de me faire comprendre ?
  3. D’où vient ce sentiment ? Est-ce que je me suis déjà senti comme ça ?
  4. Ce sentiment me rappelle-t-il quelque chose de mon passé ?
  5. Est-ce que je suis en train de croire à un mensonge ? Quel pourrait être ce mensonge ? Quelle est la vérité ?
  6. Qu’est-ce que j’ai envie de faire maintenant ?

Ensuite, accueillez ce que vous ressentez même si vous ne le comprenez pas ou s’il s’agit de sentiments déplaisants. Les sentiments sont la base de données de Dieu pour vous permettre de prendre soin de vous-même. Si vous les ignorez ou que vous essayez de vous en débarrasser, vous éliminez ces informations et votre capacité à prendre efficacement soin de vous-même disparaît. Ici, au contraire, dites-vous quelque chose du genre : « Bon, je me sens très mal, mais mon cœur et mes émotions cherchent à me faire passer un message. Je dois comprendre ce qui se passe et ce que je peux faire pour m’assurer de me sentir mieux, sinon je risque de ne plus pouvoir rien faire pour les autres. »

Posez-vous toutes les questions qui vous viennent à l’esprit pour mieux comprendre ce qui vous arrive, d’où viennent vos émotions et ce dont vous avez besoin à cet instant. Gardez bien en tête que vous êtes en train de développer un plan de soins personnels, alors plus vous rassemblez d’informations, plus vous serez efficace.

Lorsque nous sommes blessés et frustrés, nos pensées sont souvent envahies par ce que l’autre a fait ou n’a pas fait. C’est ce qu’on appelle « ruminer ». On ne peut s’empêcher de ruminer sur la manière dont on s’est senti maltraité ou offensé. Mais si l’on continue à penser à l’autre, on reste coincé dans sa frustration. Rappelez-vous de Matthieu 7.3 : « Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil ? » Si vous voulez ouvrir votre cœur, il faut que vous basculiez votre attention de votre époux ou épouse à vous-même. Pour accomplir cette transition importante, le mieux est de suivre le conseil du roi David dans Psaume 4.5 : « Si vous vous mettez en colère, ne péchez pas ! Parlez dans votre cœur, sur votre lit, et faites silence. »

Pendant votre pause, concentrez-vous sur vos émotions, la voix de votre cœur. Demandez-vous : « Quel point sensible vient d’être touché chez moi ? » Mais ne vous arrêtez pas là. Nommez ce point sensible et identifiez les émotions associées. Le professeur Matthew D. Lieberman de UCLA étudie les effets positifs à mettre des mots sur nos sentiments. Ses recherches montrent qu’une démarche aussi simple que celle de nommer une émotion peut faire diminuer de manière significative notre réaction de lutte ou de fuite. En vous calmant ainsi, votre cœur peut se rouvrir.

Une rapide parenthèse : l’une des questions les plus intéressantes à se poser est : « Y a-t-il quelque chose dans mon attitude qui augmente l’intensité ou même qui est à l’origine de ces sentiments ? » Plus vos réponses à cette question sont positives, mieux c’est. Si c’est vous qui être à l’origine de vos sentiments, vous pouvez les changer sans l’aide de personnes. C’est un véritable pouvoir !

Une fois que vous avez mieux compris ce qui se joue, vous pouvez vous concentrer sur un plan de soins personnalisé. Le meilleur plan de soin personnalisé est celui qui vous pouvez mettre en œuvre seul : cela vous donnera non seulement le sentiment d’être bien pris en charge, mais aussi de reprendre la maîtrise de la situation. Ce plan devra inclure les points suivants :

  1. Comment m’aider à me sentir mieux
  2. Comment poser des limites équilibrées
  3. Comment parler à quelqu’un d’une situation difficile ou gênante
  4. Que faire si la conversation ne se passe pas bien
  5. Comment rester attaché à Dieu à chaque étape de ce plan

Même si s’occuper de vous-même relève de votre responsabilité, Dieu ne vous a pas créé pour le faire seul et ce n’est pas ce qu’il attend de vous. Demandez-lui son aide. Cela ne veut pas dire que vous allez lui demander de tout faire pendant que vous restez assis là à attendre. Cela signifie simplement que vous lui demandez son aide pour prendre soin de vous-même. C’est toujours vous qui êtes à 100 % responsable de ce travail, mais vous pouvez prier en disant à Dieu : « Seigneur, je pourrais vraiment bénéficier d’un coup de main. Peux-tu m’aider à comprendre ce qui se passe en moi et comment pourrais-je prendre soin de moi de manière responsable ? Je ne serais pas contre un peu plus de force, de sagesse, de compréhension et de patience parce que, pour le moment, je me sens un peu submergé. »

Retour à Tokyo

Après avoir visité le sanctuaire Meiji, j’ai marché en silence derrière Erin et Murphy (m’étant moi-même prescrit un temps de pause) et j’ai tenté de mettre des mots sur ce que je ressentais. J’ai essayé d’identifier les points sensibles qui avaient été touchés chez moi. J’ai compris que j’avais eu l’impression de ne pas être respecté ou apprécié. Ni Erin ni Murphy ne s’étaient montrées irrespectueuses, mais j’avais passé beaucoup de temps à étudier le parc et ses diverses attractions. J’avais ressenti un stress important, étant responsable de planifier notre voyage, alors j’avais eu le sentiment qu’elles ne respectaient et n’appréciaient pas tout le travail que j’avais mis à préparer cette sortie.

Cela fait ressortir un rappel indispensable concernant nos émotions. Deux des plus grandes erreurs que nous commettons au sujet de nos émotions, c’est de les ignorer ou d’agir en fonction d’elles. Les émotions ne sont rien d’autre que des informations. Cela dit, vous ne devriez jamais agir en fonction d’une information sans réfléchir et sans l’évaluer d’abord. Le meilleur moyen d’évaluer vos émotions et vos sentiments (vos points sensibles) est de déposer ces informations devant le Seigneur. Recherchez sa vérité concernant votre situation et celle de votre époux ou épouse. En tant qu’être humain, nous ne sommes pas à la source de la vérité. La Bible est très claire : Jésus Christ est la vérité. En Jean 14.6, il nous rappelle : « C’est moi qui suis le chemin, la vérité et la vie. » Si vous tentez de déterminer seul la validité de vos émotions et de vos pensées sur l’autre, vous risquez de croire à des mensonges. Rappelez-vous que vous avez un adversaire. Satan est le père du mensonge (Jean 8.44) et il veut vous faire avaler des mensonges concernant votre mari ou votre femme. Pendant notre promenade dans le parc du sanctuaire Meiji, je crois qu’il voulait que je voie en Erin une femme irrespectueuse et ingrate. Mais moi, je ne veux pas de ces mensonges. Ce que je veux, c’est la vérité. C’est la raison pour laquelle je dois me rappeler les paroles de l’apôtre Paul en Colossiens 3.2 : « Attachez-vous aux réalités d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre. » Je veux me ranger à la perspective de Dieu parce qu’il est la source ultime de la vérité.

Lorsque mon cœur est fermé, ma vision des choses est déformée. Il me manque l’éclairage, la sagesse et la vérité de Dieu. Je deviens comme ces personnes qui sont décrites en Éphésiens 4.18 : « Ils ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur ». Ma réaction devrait alors être d’abandonner mes propres conclusions au sujet d’Erin et de m’attacher à la vérité de Dieu sur elle. Et la bonne nouvelle est que Dieu est fidèle. Il veut ce qu’il y a de mieux pour vous et votre couple. Il désire restaurer l’unité entre vous. « Je vous supplie, frères et sœurs, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, de tenir tous le même langage. Qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous, mais soyez parfaitement unis dans le même état d’esprit et dans la même pensée » (1 Corinthiens 1.10). Dieu vous donnera une paix qui surpasse toute intelligence au sujet de vos émotions et il vous aidera à voir la vérité sur votre mari ou votre femme.

Trouver la vérité à Tokyo

Tandis que nous retournions vers l’hôtel avec Erin et Murphy, Dieu m’a permis d’y voir clair au sujet de ma femme et de ma fille. Elles étaient fatiguées. C’était comme si les paroles de Jean 8.32 prenaient vie pour moi à cet instant : « Vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. » La vérité, c’était qu’Erin et Murphy étaient fatiguées. Elles n’avaient en aucun cas cherché à me manquer de respect. Une fois que j’ai compris cette vérité, mon cœur s’est ouvert et j’étais prêt à leur parler et à restaurer notre relation.

Cela m’a aussi rappelé l’importance de prendre soin de mon propre cœur avant d’essayer de régler un conflit avec mon épouse. La vérité, c’est que —  moi, comme vous — nous sommes incapables d’avoir une conversation basée sur l’amour de Christ tant que notre cœur n’est pas ouvert.

Sur le chemin du retour, je leur ai gentiment demandé si nous pouvions parler de ce qui s’était passé. « Une réponse douce calme la fureur, tandis qu’une parole dure augmente la colère » (Proverbes 15.1). Je savais que mon cœur était ouvert et que j’avais une vision relativement claire de la vérité de Dieu. C’est à ce moment-là que je leur ai demandé de m’aider à comprendre ce qui s’était passé devant cet embranchement et de m’expliquer ce qu’elles avaient ressenti quand j’étais parti en colère.

Erin m’a avoué qu’elle s’était sentie « mal comprise » et « jugée à tort ». Voilà les points sensibles qui avaient été touchés chez elle. Pour commencer, elle n’avait pas compris à quel point il était important pour moi de prendre le chemin le plus long. Elle a pensé que je la jugeais pour quelque chose qu’elle ne savait même pas et que je n’avais pas pris le temps de comprendre à quel point elle avait mal aux pieds. Une fois qu’elle avait compris que je voulais réellement prendre le chemin panoramique, elle a voulu me faire plaisir, mais j’étais parti en boudant. Elle s’est alors sentie confuse, incomprise et jugée.

Maintenant que mon cœur était ouvert, j’étais à même d’entendre et de valider les sentiments qu’elle exprimait. Si mon cœur était resté fermé, j’aurais probablement cherché encore une fois à justifier ma réaction. Si vous vous trouvez dans cette situation, reprenez une pause. L’important est de comprendre que cela en vaut la peine. Autrement, votre conversation ne mènera jamais nulle part parce que, lorsque votre cœur est fermé, vous ne pouvez que continuer à faire du mal à la personne que vous aimez le plus.

Quant à Murphy, elle s’était sentie abandonnée et avait eu l’impression que je cherchais à la contrôler. Ma fille est une personne particulièrement forte et tout aussi indépendante que ma femme. C’est quelque chose que j’apprécie énormément chez elles. C’est pour ça que, lorsque j’ai voulu obliger Murphy à prendre la route la plus longue, elle a eu le sentiment que je voulais la contrôler. Ensuite, lorsque je suis parti, elle s’est sentie abandonnée. Waouh ! Je ne savais même pas que Murphy pouvait avoir un tel sentiment.

Après avoir écouté, compris, validé les sentiments d’Erin et de Murphy et avoir fait preuve d’empathie envers elle, leur cœur s’est adouci envers moi. Elles m’ont demandé pourquoi j’étais parti comme ça. Cela m’a fait énormément de bien de voir qu’elles reconnaissaient et appréciaient les efforts que j’avais fournis pour être un bon guide touristique. Puis, nous nous sommes arrêtés au milieu du trottoir en plein Tokyo pour nous prendre dans les bras tous les trois. Je suis certain que plusieurs passants nous ont jeté des regards perplexes en se disant qu’ils étaient tout de même bizarres, ces Américains !

Un dernier mot sur la prise de conscience

Il n’est pas possible d’effacer ou de se débarrasser de ces points sensibles, mais vous pouvez y faire face de manière saine en faisant preuve de discernement quand vous sentez qu’ils sont touchés et en apprenant à ne pas déverser votre colère ou vos insultes sur une personne que vous aimez et avec qui vous avez une relation importante à vos yeux.

Une fois que vous avez impliqué Dieu, si besoin, vous pouvez demander de l’aide à d’autres personnes. Dieu a fait de nous des êtres communautaires. Nous fonctionnons souvent mieux au sein d’un groupe d’amis ou de collègues et bien en couple. Cela dit, en tant qu’adulte, il est important de vous rappeler que vous devez continuer à prendre l’entière responsabilité pour ce travail en toutes situations. Ceux qui vous soutiennent ne sont que des bénévoles et cela est valable aussi pour votre époux ou épouse.

  1. Agir

Les meilleurs plans ne fonctionnent que lorsqu’ils sont mis en œuvre jusqu’au bout. Il est donc important de vous assurer que le travail que vous faites en vous et vos actes envers les autres sont toujours accomplis avec intégrité. Gardez à l’esprit Proverbes 15.18 : « Un homme violent pousse au conflit, tandis que celui qui est lent à la colère apaise les disputes. » Être intègre signifie agir de manière cohérente par rapport à la personne que Dieu veut que vous soyez, ce qui revient aussi à vous montrer respectueux et prévenant envers votre interlocuteur.

Assembler toutes les pièces

Donc, voilà les étapes de ce processus : prendre conscience, être présent et agir. Ces trois étapes constituent le cycle pour prendre soin de soi, car elles fonctionnent comme un système de remontée de l’information.

Je tiens à vous laisser sur cette idée au sujet du conflit écrit par mon père, le docteur Gary Smalley, dans son livre Secrets to Lasting Love (Les secrets pour un amour qui dure, traduction libre) :

Le conflit est inévitable dans les relations. Il pointe le bout de son nez, même dans les mariages les plus équilibrés et les couples à l’intimité la plus développée. C’est la manière dont vous le gérez qui déterminera à quel point il affectera votre couple dans le bon ou le mauvais sens. Encore une fois, l’aspect le plus important n’est pas à quel point vous aimez l’autre ou combien vous êtes engagé dans cette relation ou la profondeur de votre foi; les relations optimales dépendent de votre habileté à gérer les conflits. Chaque conflit vous place devant des chemins divergents : vous pouvez choisir de vous rapprocher de l’autre ou de vous éloigner de lui. Si vous ouvrez la porte et que vous choisissez d’entrer, vous en apprendrez plus concernant les merveilles du mariage que vous ne le pensiez possible.

J’aime beaucoup cette idée : le conflit peut servir à nous rapprocher comme à nous éloigner. C’est un choix qui vous appartient. Vous pouvez choisir de rester coincé dans un schéma stérile ou gérer vos conflits en vous appuyant sur le cycle pour prendre soin de soi pour arriver à des niveaux d’intimité et de liens plus profonds au sein de votre couple. Vous pouvez atteindre le niveau que décrit l’apôtre Paul en Éphésiens 4.31-32 : « Que toute amertume, toute fureur, toute colère, tout éclat de voix, toute calomnie et toute forme de méchanceté disparaissent du milieu de vous. Soyez bons et pleins de compassion les uns envers les autres ; pardonnez-vous réciproquement comme Dieu nous a pardonné en Christ. »

C’est à vous de choisir !

 

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