Attiser la flamme des ados

Aidez-les à voir l’impact que peut avoir leur vie.

Écrit par Jeremy Favreau

L’adolescence est la période du tout ou rien. Soit les ados s’enflamment de zèle, soit ils se noient d’indifférence. L’idéal, c’est de les voir s’enflammer pour les bonnes raisons. Il est donc crucial de savoir nourrir et guider cette passion qui peut si facilement être attisée à cet âge.

Pensez-y : Jésus choisit 12 adolescents pour le suivre dans un périple de plus de 2 ans. À cette époque, l’âge moyen des jeunes hommes juifs qui suivaient un rabbin était de 15 ans. C’est l’âge où les valeurs profondes et les convictions se concrétisent. C’est le temps où celui ou celle qui ose rêver peut vivre des expériences qui influenceront le reste de ses jours. C’est la période où l’on cherche quelqu’un à suivre et quelque chose pour lequel se battre.

Les disciples de Jésus écoutèrent son enseignement révolutionnaire et choisirent de le suivre dès leur jeune âge. Ces premiers hommes et femmes à reconnaître le Messie mirent ensuite sur pied un mouvement qui transforma le monde comme nul autre.

Chaque génération fait face à de nouveaux défis dont l’évangile est toujours la réponse. Nos jeunes peuvent se lever contre le mal, l’injustice et la déchéance de notre monde actuel et offrir comme alternative une espérance réelle. Mais ont-ils conscience du rôle qu’ils peuvent jouer ?

Nous pouvons transmettre l’un de ces deux messages aux adolescents : soit qu’ils doivent se méfier de ce monde à tout prix, soit qu’ils sont appelés à l’influencer. Cette distinction change tout. Si les ados grandissent dans l’ignorance ou la crainte de la culture dans laquelle ils vivent, ils seront ultimement vulnérables à son influence, ne sachant pas interagir avec les idées et les valeurs qui y sont véhiculées. Si, au contraire, nous les équipons dès maintenant à faire des choix éclairés face à la culture, ils sauront résister à ses aspects néfastes, embrasser sa beauté et ses côtés positifs, et participer à sa transformation selon les valeurs du Royaume de Dieu.

NE PAS ÊTRE DU MONDE, ÇA VEUT DIRE CHANGER LE MONDE

Les enfants de familles chrétiennes de ma génération (X) ont, pour la plupart, grandi dans un environnement aseptisé. Nous avons été exposés à mille et une stratégies pour se garder « purs » et pour se « garder du monde ». Mais bien que certains d’entre nous vivent de manière un peu plus morale que nos pairs, c’est seulement ainsi que la plupart d’entre nous nous distinguons. Nous n’avons pas appris que nous avions été sauvés par Christ pour changer le monde, mais seulement pour nous en préserver, dans l’espoir d’un jour y échapper. Il serait difficile d’inventer un récit moins inspirant pour de jeunes personnes, et aussi moins utile pour leur croissance.

Heureusement, Jésus nous montre une vision très différente de ce que cela veut dire de « se garder du monde ». Dans sa prière pour ses disciples, le soir qu’il fut trahi, Jésus dit à son Père : « Je ne te prie pas de les ôter du monde, mais de les préserver du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jean 17.15-16) Mais de quelle manière Jésus ne fut-il pas du monde ? Jésus ne cherchait pas à se distancer des gens impurs, qu’il s’agisse de collecteurs d’impôts, de lépreux ou de pharisiens. Il se lia d’amitié avec tous ceux qui voulurent s’approcher de lui. Néanmoins, ses valeurs contrastaient radicalement avec celles de la culture environnante.

Pour Jésus, « ne pas être du monde » consista à aimer ses ennemis, tendre l’autre joue, et donner sans attendre en retour. Pour nous, aujourd’hui, ne pas partager les valeurs du monde consiste aussi à défendre les faibles, affirmer la valeur de toute vie, et défendre l’accès équitable de toute personne à ce dont elle a besoin pour s’épanouir. Cela touche à notre niveau de confort et à notre portefeuille, ainsi qu’à tous points de moralité. En effet, l’enseignement moral de Jésus dans le Sermon sur la montagne est encore plus sévère que celui en vogue au sein du peuple juif de son temps. Mais il existe, pourtant, une différence marquée.

Alors que les leaders religieux espéraient mériter la faveur de Dieu par leur pureté, Jésus recherchait l’épanouissement total des personnes. Par exemple, lorsque la femme prise en adultère lui fut apportée, il voulait lui transmettre la vie. C’est pourquoi il ne lui dit pas : « C’est correct, tu peux y aller », mais plutôt « Va et ne pêche plus. » (Jean 8.11) S’opposer à ce qu’elle donne son corps à quiconque en dehors d’un contexte d’engagement et d’amour, c’était la valoriser, lui épargner les mauvais traitements et lui offrir un nouveau départ. Jésus ne percevait pas un standard moral comme une fin en soi, mais plutôt comme un élément essentiel de la vie abondante qu’il est venu donner à chacun.

LE ROYAUME DE DIEU AVANCE

Dieu nous a créé tous et chacun capable de contribuer à la transformation de ce monde. Rien n’est plus triste que lorsqu’une personne ne croit plus dans ce que Dieu peut faire à travers elle. Cela est d’autant plus vrai lorsqu’il s’agit d’une jeune personne pleine de potentiel, mais ne voyant pas comment s’investir à l’avancement du Royaume de Dieu.

Trop souvent, nous rendons compliquées des choses simples. Cela devient difficile de voir le lien entre les concepts bibliques et les actes concrets. En tant que parents, un de nos rôles les plus importants, c’est de combler ce fossé entre les mots de la Bible et les principes qu’ils essaient d’exprimer.

Être une influence pour le bien dans le monde, c’est faire avancer le Royaume de Dieu. Toutes les fois où la justice remplace l’injustice, la vérité triomphe sur le mensonge, et l’intégrité remporte sur la corruption, nous pouvons dire plein d’assurance : « le royaume de Dieu est au milieu de vous ». Chaque fois que le pardon est accordé et la guérison est manifestée, c’est le Royaume de Dieu qui se répand davantage, tel le levain dans la pâte ou le grain de sénevé dans le jardin (Luc 13. 18-21 ; 17.21).

Apprendre à penser et à vivre selon les principes du Royaume de Dieu est le travail d’une vie entière. Mais reconnaître la pertinence entre spiritualité personnelle et impact social peut être une grande source de motivation dès son jeune âge. Cherchons donc à attiser la flamme pour changer les choses dans le cœur de nos adolescents et aidons-les à voir que suivre Jésus et transformer le monde, ça va main dans la main.


Jeremy Favreau vit à Montréal avec son épouse Selene et leurs trois garçons. Formé en lettres et en théologie, il a travaillé dans le milieu des OBNL chrétiens pendant plusieurs années. Aujourd’hui, Jeremy se concentre sur les questions d’équité, de diversité et d’inclusion, et sur comment Dieu transforme intégralement les individus et les systèmes.

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