L’importance des différences
Les différences culturelles sont inévitables entre deux époux.
Écrit par Dianne Neal Matthews
Après quatre décennies, les fans de Quelle famille ! continuent de rire de Fernande Tremblay, qui exténuait son mari par sa modernité. Fernande et son mari Gérard provenaient de familles bien différentes et ce dernier était souvent contrarié par son épouse, qui n’avait rien d’une épouse traditionnelle. Ce téléroman présentait l’humour, la franchise et la communication comme des solutions aux problèmes de la famille moderne. Les différences culturelles sont inévitables entre deux époux.
Deborah Dunn, thérapeute matrimoniale et familiale, rencontre souvent des couples ayant des conflits d’ordre culturel. « Plusieurs couples éprouvent des difficultés à gérer l’étendue de leurs différences, qu’elles concernent les traditions, la culture, les goûts ou les coutumes », explique-t-elle. Les problèmes proviennent souvent du fait que l’on marie notre «contraire» pour ensuite tenter de le changer à notre image.
La vie urbaine et la vie rurale
John et Linda Higgins ont grandi dans la même province et, pourtant, leurs antécédents familiaux semblent être à l’opposé. Après leur mariage, le couple s’est installé dans le village natal de John, une petite agglomération de 617 habitants située à 64 kilomètres de la ville la plus proche. Ils s’installèrent sur la terre familiale qui demandait beaucoup de travail. Pour Linda, qui avait grandi en ville, le changement fut tout un choc.
John se sentait parfaitement heureux, mais Linda se rappelle qu’elle se sentait bien seule. « Je n’étais pas malheureuse avec John, mais avec notre environnement. Je me fiais constamment sur lui pour combler mes désirs », explique-t-elle. Le besoin qu’elle avait de visiter ses parents régulièrement a engendré encore plus de frictions. John détestait le traffic de la ville, donc Linda y allait souvent seule.
Lorsque Linda réalisa à quel point son insatisfaction créait un fossé dans sa relation, elle décida d’agir. « J’ai dû m’adapter et tenter de tirer le meilleur parti de ma nouvelle vie. Sinon, notre mariage n’aurait pas duré et cela m’aurait rendue très malheureuse », explique-t-elle. À la suite de ses efforts pour se faire des amis et se bâtir un réseau social, elle se sentit beaucoup plus chez elle. Le couple demeura dans ce petit village pendant 15 ans. Ils vivent maintenant dans un autre village de 2000 habitants, situé à deux heures de route de la ville la plus proche.
Les clubs de loisirs et les magasins à prix réduit
Bill et Mary Murphy ont vécu des enfances très différentes. Bill a grandi entouré de domestiques, de cuisiniers et de jardiniers et a toujours fait partie d’un club de loisirs. Il n’a jamais eu besoin de travailler ou de prendre part aux corvées ménagères. Il admet qu’il n’a fait son lit que quelques fois lorsqu’il habitait avec ses parents.
Mary, pour sa part, a commencé à travailler à la pharmacie de ses parents lorsqu’elle avait 10 ans. Peu de temps après, elle a commencé à garder des enfants et à faire le repassage pour d’autres personnes. Elle confectionnait la plupart de ses vêtements, magasinait dans les magasins à bas prix et s’occupait des corvées ménagères toutes les semaines. Durant la première année de leur mariage, l’éducation de Mary lui permit de bien se débrouiller tandis que Bill éprouvait des difficultés. «Immédiatement après notre mariage, nous avons joint le groupe de pastorale jeunesse et nous étions très pauvres. J’étais mieux préparée que Bill à cette vie, qui était beaucoup plus modeste que celle qu’il avait vécue jusque-là», raconte Mary.
Mary n’était cependant pas prête à accepter l’attitude de Bill face aux corvées ménagères. Il s’attendait à ce qu’elle s’occupe de tout, même des corvées extérieures. «Lorsque Bill a réalisé que nos enfants imitaient son comportement, il a complètement changé. Il ne cuisine toujours pas vraiment, mais il m’aide beaucoup dans la maison», confie Mary.
Après 36 ans de vie commune, qui ne furent pas toujours faciles, les antécédents familiaux et les personnalités de Mary et de Bill se complètent bien. «Notre conseil serait de s’accrocher et d’apprendre l’un de l’autre. Discutez de vos différences et tentez de déterminer ce que vous pouvez faire pour vous adapter, en ayant à cœur ce qui compte vraiment pour l’autre», dit Mary.
La différence d’âge
Jack et Camille James viennent de familles ayant des valeurs semblables, mais ils ont 16 ans de différence. C’est un ami qui avait arrangé une rencontre entre eux, simplement pour s’amuser, sachant très bien que ni l’un ni l’autre n’avait l’intention de s’engager dans une relation sérieuse. Toutefois, Jack et Camille ont eu le coup de foudre l’un pour l’autre. Ils savaient pourtant très bien que leur vie commune serait parsemée d’épreuves qu’ils devraient affronter.
Camille, qui venait de terminer l’université, riait avec ses colocataires du fait qu’elle était tombée amoureuse d’un homme de 37 ans. Jack, pour sa part, se demandait si leur différence d’âge représentait un trop grand fossé entre eux pour un mariage réussi. S’ils se mariaient, décideraient-ils d’avoir des enfants ou non ? Quelques mois après que Camille fut déménagée à l’extérieur pour ses études, Jack la demanda en mariage.
Après de sérieuses discussions, le couple se sentit prêt à bâtir une vie commune. Un seul problème persistait : informer les parents de Camille. «La nouvelle les choqua, j’en suis certain. Après tout, sa mère n’avait que deux ans de plus que moi. Je leur expliquai que je comprenais leurs inquiétudes et que, si j’étais à leur place, j’éprouverais sûrement la même chose. Ils se rendirent bien compte de notre détermination et nous donnèrent leur bénédiction. Après cela, ils ne remirent jamais en question notre décision», explique Jack.
Le couple, qui avait des amis respectifs de différentes tranches d’âge, résolut le problème en se faisant de nouveaux amis d’âges variés à l’église. «Plusieurs personnes s’interrogèrent sur notre décision de nous marier et plusieurs pensaient que notre relation était vouée à l’échec. Cela fut très gratifiant de prouver à ces gens qu’à l’époque nous savions ce que nous faisions», affirme Camille.
Apprendre l’un de l’autre
« Après avoir compris que nous devons estimer les différences de l’autre plutôt que d’essayer de les changer, la vie dans le mariage devient plus facile. Malgré cela, les couples ont souvent de la difficulté à gérer ces différences et craignent de se faire dérober leur identité ainsi que l’essence même de ce qu’ils sont. Conséquemment, ils s’engagent dans une lutte de pouvoir et finissent normalement par se sentir dévalués, indifférents et seuls. La clé du succès est d’affirmer et de célébrer les différences de l’autre et de faire des compromis. C’est ce qui bâtit l’intimité dans un mariage », explique Deborah Dunn.
Lorsque les couples acceptent de se respecter et de faire face aux difficultés ensemble, en équipe, ils découvrent, comme Camille, que, malgré leurs différences culturelles, l’engagement dans le mariage est plus fort que tout.
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