Se raccrocher à son amour

Retrouver la confiance en Dieu quand le mariage se fait attendre.

Écrit par Esther Carpentier

Dans la vie, tout ne se déroule pas toujours comme prévu. Parfois, les promesses de Dieu tardent à se concrétiser, parfois les rêves qu’il a déposés dans notre cœur mettent du temps, beaucoup de temps, à voir le jour. Il arrive que le chemin pour se rendre à destination soit beaucoup plus long qu’espéré.

Moi, quand j’étais adolescente, j’imaginais qu’avant la trentaine, je serais une épouse et une mère épanouie. J’ai eu le privilège de grandir dans une famille chrétienne et de fréquenter une église formidable toute ma jeunesse. Mes parents sont mariés depuis 32 ans et sont un exemple de fidélité pour moi. Depuis que je suis petite, j’ai la conviction que le mariage fait partie du plan merveilleux de Dieu pour ma vie. Malgré tout aujourd’hui, à 29 ans, je suis toujours célibataire. J’ai vu mes amis se marier et avoir des enfants. Je vois maintenant les enfants que j’ai gardés étant adolescente se préparer à fonder une famille… alors que rien ne bouge de mon côté.

Je me rappelle très bien avoir écrit à Dieu dans mon journal, vers l’âge de 19 ans, que je souhaitais me marier avant mes 25 ans et donner naissance à mon premier enfant avant mon 30e anniversaire. Mais rien de cela ne s’est déroulé comme je l’avais planifié, car dans les deux cas, il est déjà trop tard. Pourtant, je me considère comme quelqu’un qui réussit habituellement bien dans la vie : mes projets sont florissants, je suis comblée de relations d’amitié sincères et je sers le Seigneur avec joie au sein de mon église et de ma communauté. Ce qui est sûr, c’est que je suis témoin de la faveur de Dieu dans bien des domaines. Alors pourquoi pas dans celui de ma vie amoureuse? Pourquoi les autres peuvent-ils se marier, mais pas moi? Est-ce que j’en fais trop? Ou pas assez? Est-ce que je devrais faire autrement? Peut-être que je n’ai pas le profil recherché…

Pendant longtemps, une foule de questions sans réponse me sont restées comme un poids sur le cœur. Par moment, je me suis sentie impuissante et frustrée, oubliée et incomprise par mon entourage, et même déçue par Dieu. J’étais insatisfaite de ma situation et mon âme esseulée ne trouvait pas de réconfort. Pourquoi Dieu, malgré mes prières et mes larmes, ne voulait-il pas exaucer ma requête? Durant cette saison difficile, j’ai consommé des tonnes de ressources très informatives. J’ai cherché une solution miracle à mon célibat, une recette infaillible en sept étapes pour me sortir de là. Cependant, même si mes recherches me permettaient de puiser dans une mine de renseignements, de conseils et de sagesse, je n’étais jamais rassasiée, car ma situation demeurait la même.

Avec un peu de recul, je comprends aujourd’hui que ma vision était entravée. J’avais des œillères qui m’empêchaient de poser un regard juste et sain sur ma vie, et c’est pour cette raison que je n’avais pas la paix. Je n’avais pas saisi encore que le célibat, comme bien des choses dans la vie, c’est surtout une « histoire de cœur ». Une histoire de cœur qui peut vite fait tourner en « épine dans le cœur » si elle n’est pas bien vécue. Ce n’est pas un hasard si la Parole nous exhorte, dans Proverbes 4:23, à « [garder notre] cœur plus que toute autre chose ». En effet, celui-ci est magnifique pour loger l’espérance, la paix et la joie, mais il est aussi tortueux (Jérémie 17:9) pour cacher la rancœur, la déception et l’envie : des attitudes qui empoisonnent nombre d’aspects de notre existence et empêchent la vie de Dieu de jaillir. À la base, le problème que je devais résoudre n’était pas mon célibat, mais plutôt ce que mon cœur en avait fait.

Le déclic s’est fait il y a quelques années, quand j’ai compris que j’entretenais une rancune inavouée envers Dieu. Je ne pouvais pas me réconcilier avec l’idée qu’un Dieu bon et aimant n’exauce pas ma prière et je lui en voulais, sans le savoir. Je croyais connaître ce qui était le meilleur pour moi, et je pensais que Dieu ne voulait pas réellement collaborer à mon bien parce que ma situation ne changeait pas. Malheureusement, lorsque nous sommes tentés de juger Dieu à cause de nos circonstances, il est facile de perdre pied. Moi, c’est ma relation avec Dieu qui a écopé. J’avais du mal à la percevoir comme un Père qui s’intéresse à moi, car l’amertume teintait ma vision. Je n’arrivais pas non plus à me confier en lui comme avant. De bien des façons, ma vie spirituelle et émotionnelle était paralysée.

Au fil du temps, et après avoir choisi le chemin de la repentance et du pardon, j’ai appris qu’il est beaucoup plus sage de « juger » nos circonstances d’après ce que Dieu en dit, plutôt que le contraire. Mes circonstances, même lorsqu’elles sont favorables, ne seront jamais suffisamment solides pour soutenir l’œuvre que mon Père désire faire en moi et par moi. Il n’y a qu’une fondation sur laquelle je peux bâtir ma vie : son amour. Lorsque mes pieds sont fermement ancrés dans cette vérité, ma vie reprend son vrai sens. Tous mes problèmes ne sont pas réglés, toutes mes questions n’ont pas trouvé de réponse, je ne comprends peut-être pas davantage la raison de mon célibat, mais j’arrive à « embrasser l’attente ». Autrement dit, j’arrive à vivre le présent avec la plus grande paix et à me tourner vers l’avenir avec espoir parce que je sais qu’il veut le meilleur pour moi. La vérité et l’amour extravagant de Dieu sont des révélations grandissantes que je dois nourrir et entretenir. S’il m’arrive de me sentir envahie par le découragement ou la confusion, et que je suis tentée de baisser les bras, je sais que je n’ai qu’à courir me blottir contre lui pour être remplie à nouveau.

Dans la vie, tout ne se déroule pas toujours comme nous l’avions prévu. Mais lorsque nous sommes submergés par son amour sans faille, nous arrivons à voir que tout peut se dérouler encore mieux que prévu, selon son plan et son temps parfaits. C’est donc à son amour que je veux me raccrocher.

 


Esther est une passionnée qui sert son église locale par la louange. Témiscamienne implantée à Montréal, elle est traductrice de formation et aime les voyages, les arts, la randonnée, la bonne bouffe et Elliot… son chat!
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