Démystifier l’hospitalité

Une fausse conception de l’hospitalité peut vous porter à manquer ce qui en fait le cœur.

Écrit par Nadine Schroeder

Il était une fois un homme d’affaires, qui, lors d’une réunion dans un de ces immenses gratte-ciel, ordonna à son équipe de dire un peu partout à tout le monde que l’hospitalité équivalait à un bon repas, un tablier propre, et une grande maison.

Mais il était une fois, bien avant cela, un homme qui a dit à une femme nommée Marthe, qui était très occupée à garder sa maison propre et en ordre pour ses invités, qu’elle était en train de passer à côté de ce qui était vraiment important.

Il est facile de se laisser entrainer dans les codes de l’hospitalité, et d’oublier ce qui en fait vraiment le cœur.

Le cœur de l’hospitalité, pour ceux qui aiment Jésus, c’est de répandre autour d’eux cet amour qu’ils ont eux-mêmes reçu de Christ.

Il n’existe pas de règles sur la manière de faire preuve d’hospitalité. Mais ! Il existe une règle qui dit que nous devons pratiquer l’hospitalité.

Qu’est-ce que l’hospitalité ?

L’hospitalité se définit comme l’accueil amical et généreux d’invités, de visiteurs ou d’étrangers. C’est une très belle description d’une bonne chose. Cependant, les chrétiens doivent y ajouter un ingrédient : faire cela avec l’amour du Seigneur.

Paul, dans sa lettre aux Colossiens, nous rappelle de tout faire comme pour le Seigneur. En ce qui concerne l’hospitalité, c’est bien beau si je prépare un bon repas et que je le sers à mes invités. Mais c’est bon et saint (et donc bien mieux), si je demande au Seigneur d’être présent à chaque table que je dresse, chaque tasse de café que je verse, chaque parole que je prononce.

Pour le chrétien, l’hospitalité, c’est de répandre l’amour de Jésus à tout le monde.

Cela peut, et devrait, prendre des formes différentes pour vous et pour moi. C’est ce qui en fait toute la beauté. Les règles que la société nous a apprises sur l’hospitalité ne s’appliquent pas au royaume de Dieu. Parce que, comme l’a dit Jésus dans une parabole, le banquet a été préparé pour tous, et surtout pour ceux qui d’habitude, ne sont pas invités.

Envers qui devrions-nous faire preuve d’hospitalité ?

Qui est dans votre champ de vision ? Pour beaucoup, la réponse est assez simple. Les gens mariés font preuve d’hospitalité en premier lieu envers leur conjoint. Les parents envers leurs enfants. Mais qu’en est-il pour les gens comme moi ?

Le mariage ne fait pas encore partie de mon CV, alors il a fallu que je demande au Seigneur ce que voulait dire faire preuve d’hospitalité pour une femme qui n’a pas de mari. Pendant des années, j’ai cru à la pensée répandue qui veut que l’hospitalité soit réservée aux couples mariés vivant dans une jolie maison de banlieue. Ce n’était surement pas pour moi en tant que jeune célibataire dans la vingtaine.

Pourtant, plus j’y ai réfléchi, plus je me suis rendu compte que j’avais des gens autour de moi dont je pouvais m’occuper. J’ai une colocataire, de nombreux amis, les gens qui participent au groupe de quartier que je dirige, et les femmes qui assistent à l’étude biblique que je conduis. J’ai les enfants auxquels j’enseigne, les amis avec lesquels je suis à l’université, les voisins avec qui je prends l’ascenseur… Je peux répandre l’amour de Christ à tous ceux que je rencontre.

Je peux offrir un espace de guérison — la guérison qui se trouve seulement dans l’amour de Jésus — en invitant les autres dans mon espace. J’offre ce que j’ai, c’est-à-dire Jésus, et j’offre ce que je veux connaitre mieux, c’est-à-dire Jésus.

Les premiers jours après avoir emménagé dans mon appartement, j’ai passé du temps à marcher de pièce en pièce en priant pour cet endroit. J’ai laissé mes doigts parcourir les murs en demandant au Saint-Esprit de se faire connaitre dans ma maison. J’ai demandé à Jésus d’être le maitre de tout ce qui allait se passer dans ce lieu. Je lui ai demandé de venir habiter avec moi. Dans l’Ancien Testament, on consacrait souvent les choses à Dieu. Je pense que c’est une bonne pratique à reprendre aujourd’hui. Donnez vos affaires à Dieu. Mettez-les devant lui et demandez-lui son aide.

À quoi ressemblait l’hospitalité pour Jésus et à quoi devrait-elle ressembler pour nous ?

Jésus pratiquait l’hospitalité et il n’avait même pas de maison. Donc, plutôt que d’offrir aux gens un espace physique, il entrait dans leurs espaces et s’offrait lui-même. Alors peut-être qu’en ce moment, vous n’avez pas d’espace physique à offrir. Rencontrez donc les gens ailleurs. Allez dans des cafés, dans des bars, et chez les autres. Allez faire une balade, une randonnée, et demandez à Jésus d’infiltrer votre esprit à chaque instant, afin que, lorsque quelqu’un vous demande de partager vos pensées, vos pensées soient tournées vers Jésus.

J’ai décidé de commencer à faire maintenant ce que je reliais avant au mariage. En ce moment, j’invite un groupe d’amis à diner chaque mois et je dirige une étude biblique toutes les semaines. Je passe la plupart de mes soirées à discuter face à face avec une autre femme des vérités de l’Évangile et à lui rappeler que Jésus l’a rendue libre et qu’elle peut vivre une bonne vie grâce à ce qu’il a fait pour elle. Je cherche activement des femmes un peu plus jeunes que moi pour prendre soin d’elles, parce que des femmes un peu plus âgées ont fait la même chose pour moi.

J’ai arrêté d’attendre le bon moment le jour où je me suis rendu compte qu’il n’y aurait jamais de bon moment. Il y aura toujours des raisons de ne pas inviter les gens. Votre appartement sera trop petit, votre canapé trop dur, votre budget trop limité et vos talents culinaires pas assez impressionnants. Mais rien de tout cela n’est à propos de Jésus et du partage de son amour. Pour être claire, toutes ces excuses sont liées à la peur d’être rejeté, et n’ont rien à voir avec Jésus.

Notre manière de vivre l’hospitalité doit être adaptée et se manifester différemment en fonction de là où nous en sommes dans notre vie.

En ce moment, ayant du temps libre, je consacre beaucoup d’espaces dans mon agenda à recevoir des gens et discuter avec eux. À d’autres moments de ma vie, passés et surement à venir aussi, quand ma vie était plus remplie par diverses obligations, j’ai réduit le nombre de mes invitations. Nous sommes les seuls à connaitre le temps que nous pouvons y consacrer. De même, une personne introvertie ne vivra pas l’hospitalité de la même manière qu’une personne extravertie. C’est une bonne chose, c’est une chose à célébrer, parce que Dieu nous a tous créés différents. Cela veut dire que Dieu nous montrera — individuellement — comment nous pouvons faire preuve d’hospitalité.

Avez-vous demandé à Dieu comment vous êtes censé vivre l’hospitalité ?

Jésus dirige ma maison. Je peux l’affirmer parce que je le lui ai demandé. Je lui ai demandé de régner, de prendre le contrôle et je lui ai tout abandonné. Je lui ai demandé de me montrer qui inviter et quand. J’ai demandé au Saint-Esprit de me donner des paroles de vie et j’ai demandé au Seigneur que sa volonté se fasse dans ma maison. Il ne s’agit pas d’une demande égoïste, mais d’une demande sainte, et je l’ai vue honorer cette demande.

J’ai vu des amis s’ouvrir et partager leurs difficultés parce que je faisais la même chose. Je partage mes doutes avec les autres concernant l’Évangile parce que je vois comment Jésus a accueilli les questions de chacun. Je sais que Dieu n’a pas peur de mes questionnements ou de mes inquiétudes et qu’il est vraiment capable de m’écouter et de me répondre. Alors je montre aux gens ce que je sais être vrai en m’interrogeant sans me cacher. Je partage aussi mes joies et mes enthousiasmes avec chaque personne qui passe chez moi, car l’Éternel est mon bien et ma force.

Beaucoup d’entre nous attendent le bon moment pour faire preuve d’hospitalité. Quoi ? Pourquoi ? Qui nous a dit que nous devions avoir si ou ça avant de pouvoir servir ? Jésus était le gars qui a parlé à un homme détesté assis au sommet d’un arbre. Il s’invitait chez les gens. Il ne se lavait pas toujours les pieds. Il préparait le déjeuner pour ses disciples. Voilà qui est notre Jésus. Il est celui qui faisait ce qu’il y avait à faire au moment où il fallait le faire. Pas pour avoir l’air important, mais parce que tout ce qu’il faisait était ancré dans l’amour.

Je n’offre pas de choses luxueuses. Je ne suis pas du tout en train de dire que ce ne serait pas une bonne chose, c’est juste que je suis dans une saison de ma vie où ce serait difficile pour moi de le faire. Mon budget ne me permet pas de faire des repas pour de nombreux invités, mais, par contre, je peux toujours offrir une tasse de café ou de thé. J’aimerais pouvoir faire un poulet rôti pour tous ceux qui entrent chez moi, mais au lieu de ça, je fais plutôt un bon chili : tout le monde aime ça, c’est facile à faire, et cela me permet de nourrir beaucoup de gens (pour en faire plus, il suffit d’ajouter de l’eau).

Quand sommes-nous censés faire preuve d’hospitalité ?

C’est aujourd’hui qu’il faut inviter quelqu’un. Vous pouvez attendre que ce soit le « bon moment » ou bien vous pouvez montrer aux autres que Jésus vous accepte tel que vous êtes maintenant. Il vous accepte, que votre maison soit immense, ou que vous viviez dans un minuscule appartement. Que vous ayez des plafonds hauts ou très bas, l’amour de Jésus s’infiltre dans n’importe quel espace.

La vision de l’hospitalité que nous donne la culture est liée avec l’idée de jolie décoration. La vision que le Seigneur donne à ses enfants est d’accueillir tout le monde et de parler de lui.

Soyez donc encouragés par cette pensée : Jésus a quitté les cieux — le meilleur endroit qui soit — pour venir sur la terre — un lieu qui est brisé — et il nous a offert le seul espoir possible : lui-même.

C’est l’acte d’hospitalité ultime. Il a donné ce qu’il avait — tout — parce qu’il savait que lui seul pouvait nous sauver. Une maison trop petite ou pas assez belle n’est pas une raison suffisante pour remettre l’hospitalité à plus tard. Jésus vous a offert une vie nouvelle. Répandez donc son amour autour de vous.

 


Nadine Schroeder vit à Vancouver en Colombie-Britannique et elle aime explorer les nombreux cafés que compte sa ville. Elle travaille dans l’éducation tout en développant son talent pour l’écriture et en faisant des études pour être professeure. Elle écrit aussi souvent qu’elle le peut sur son blogue NadineWouldSay.com.

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