Les facteurs clés pour garder la foi
Comment aider nos enfants à garder la foi lors du passage à l’âge adulte ?
Écrit par Glenn T. Stanton
Il s’agit de l’une des questions les plus importantes pour les parents. Elle concerne la vitalité et la durabilité de la foi que portent leurs enfants au Christ et comment cette foi peut demeurer ardente dans la confusion causée par le passage à l’âge de jeune adulte.
La bonne nouvelle est que des recherches rigoureuses et sophistiquées, menées par des sociologues des religions, indiquent qu’il existe des solutions relativement simples pour les parents qui désirent aider leurs ados et leurs adultes en devenir à garder la foi.
Cette recherche a été menée par Christian Smith, professeur en sociologie à l’université Notre-Dame, et son équipe, qui conduisent la National Study of Youth and Religion1La NSYR est une étude longitudinale (de 2001 à 2014) effectuée auprès de 3 290 jeunes et qui inclut des entrevues personnelles avec 267 des répondants, dans 45 états des États-Unis. (Étude nationale sur la jeunesse et les religions) à l’université de la Caroline du Nord à Chapel Hill.
Points saillants :
- Il existe des facteurs relativement simples qui servent à renforcer la foi afin qu’elle perdure durant l’adolescence et lors du passage à l’âge adulte.
- Le facteur le plus important est la foi des parents et les pratiques religieuses qu’ils inculquent à leurs adolescents.
- Ces pratiques sont plus simples que s’imaginent la majorité des parents.
L’étude menée par la NSYR présente, en ordre d’importance, les facteurs les plus éloquents contribuant à préserver la foi de l’enfance à l’adolescence et de l’adolescence à l’âge de jeune adulte.2Christian Smith, Souls in Transition: The Religious & Spiritual Lives of Emerging Adults, (Oxford University Press, 2009), p. 220-224.
1. Les parents
Le professeur Smith ne mâche pas ses mots : « Les parents sont un facteur extrêmement important, voire indispensable » lorsqu’il s’agit de faire perdurer la foi d’un jeune dans son passage à l’âge adulte. Le professeur Smith conclut en disant que « le pasteur le plus important dans la vie d’un enfant est, sans aucun doute, le parent. »3Christian Smith, qui présente les Family Insights Lecture Series, Focus on the Family, Colorado Springs, 2010.
2. La dévotion personnelle
En plus d’avoir au moins un parent croyant, il est important pour l’enfant de prendre l’habitude de prier et de lire les Saintes Écritures sur une base régulière. Si un adolescent possède déjà ces habitudes, il est fort probable qu’il continuera de pratiquer lorsqu’il deviendra un jeune adulte.
3. Les croyances
Ce facteur n’est pas aussi important que les deux autres, mais il en sera d’autant plus facile si votre enfant a des croyances et des pratiques bien enracinées en ce qui a trait à la chasteté et s’il a la capacité de cheminer avec ses doutes et de les dissiper. Votre enfant devrait avoir été témoin des bienfaits de Dieu dans sa vie, de sa loyauté, des réponses à ses prières et il devrait avoir vécu des expériences spirituelles révélatrices. En outre, si les croyances d’un enfant ont été ébranlées, il est prouvé que cela renforce sa foi et augmente sa détermination ainsi que sa conviction.
(En ce qui concerne la chasteté, les spécialistes la relient à deux facteurs clés. Le premier facteur étant les effets favorables de « la résistance cognitive à la culture laïque moderne » et le deuxième étant l’avantage d’éviter des conflits émotionnels profonds causés par la rupture de valeurs morales importantes qui peuvent faire que quelqu’un ne se sente plus digne de sa foi.)
Une presque certitude pour les parents
Smith résume ces résultats en expliquant que « l’aboutissement religieux lors du passage à l’âge adulte n’est pas fortuit, la foi ne s’évapore pas après l’âge de 18 ans. Elle découle plutôt de façon plus ou moins prévisible des influences religieuses formatrices qui ont influencé la vie d’une personne dans sa jeunesse… Les engagements, les pratiques et les efforts religieux des parents, des autres membres de la famille et des communautés religieuses sont importants durant l’enfance et l’adolescence — ils font la différence. »4Smith, 26 juillet 2009, p. 256
Il s’agit d’un vote de confiance scientifique et empirique démontrant l’importance de l’intention des parents. De plus, les résultats de l’étude effectuée par la NSYR sont corroborés par les récentes recherches effectuées par le Pew Forum on Religion and Public Life.5Faith in Flux: Change in Religious Affiliation in the U.S., The Pew Forum on Religion and Public Life, avril 2009.
Un déclin dans la foi de votre adolescent ?
Le déclin de la foi dans son ensemble, de l’adolescence à l’âge de jeune adulte, est considérable certes, mais pas autant que l’affirment la plupart des groupes de recherches évangéliques. Les rapports de recherche de la NSYR démontrent que « la transition entre l’adolescence et l’âge adulte exige, en général, une quantité impressionnante de stabilité, mais au moment du changement, elle implique un déclin considérable de l’engagement et de la pratique religieuse. »6Smith, 2009, p. 213 Notez que ce déclin n’est pas un abandon et que dans la majorité des cas, il s’agit d’un déclin temporaire.
Entre 17 et 27 pour cent des jeunes adultes démontrent un engagement religieux intensifié durant cette période de transition et entre 34 et 55 pour cent démontrent un engagement moindre. De façon plus significative, le « niveau [d’engagement] des adolescents moyennement religieux est susceptible de fluctuer : plus de la moitié deviendront moins religieux et un sur cinq deviendra plus religieux. »7Smith, 2009, p. 214. Les adolescents fortement religieux quant à eux, le demeureront probablement à l’âge adulte.
Le professeur Smith explique que : « Dans la majorité des cas, peu importe quels sont les changements religieux, ils ne l’emportent pas sur la continuité. […] La vie religieuse des jeunes durant cette période [de l’enfance à l’âge adulte] révèle souvent beaucoup plus de stabilité et de cohérence que plusieurs l’ont longtemps cru concernant la quantité de changements et de bouleversements trop souvent présumés. »8Smith, 2009, p. 254
En fait, les écrits des spécialistes démontrent que « ce que les gens sont ne change normalement pas fortuitement et sans raison au fil du temps. Ce que les gens ont été dans le passé est généralement le meilleur indicateur du pourquoi ils sont ce qu’ils sont dans le présent et de ce qu’ils sont susceptibles de devenir dans le futur. Ce fait doit servir à conditionner la compréhension de la religion chez les jeunes adultes en devenir. »9Smith, 2009, p. 256.
Les établissements d’enseignement supérieur nuisent-ils à la foi ?
Ces dernières années, des spécialistes en sciences sociales ont « découvert que l’effet nuisible de l’éducation supérieure sur les religions… avait disparu. » De plus, une récente étude « utilisant quelques-unes des données longitudinales existantes les plus pertinentes démontre que ce sont ceux qui ne fréquentent pas ces établissements d’enseignement qui connaissent un déclin » de leur participation aux activités religieuses et une baisse de l’importance qu’ils accordent à la religion. Dans un autre sondage effectué auprès d’étudiants, 2,7 fois plus de répondants ont affirmé que leur foi s’était renforcie plutôt que de s’être affaiblie durant leurs études.10Smith, 2009, p. 248-249.
Une variété de raisons peut être envisagée pour expliquer ces données : l’augmentation de ministères présents sur les campus, tels que les Campus pour Christ et les Groupes bibliques universitaires, la montée du relativisme (en éthique et en philosophie, la thèse selon laquelle la morale et la vérité varient selon le contexte et les circonstances et qu’elles sont conditionnelles à ceux-ci. Le contraire du relativisme est l’absolutisme), le déclin du scientisme rigoureux (qui désigne la montée du savoir scientifique et de son autorité sur les questions concernant la nature et le dessein de l’existence) au sein des cercles académiques ainsi que l’augmentation des comités évangéliques et des facultés catholiques dans les universités américaines laïques.
Conclusion
Cette recherche réputée et de longue haleine révèle que les parents ont un impact remarquable sur l’évolution de la foi de leurs ados lors du passage à l’âge de jeune adulte. Si les jeunes, durant leur adolescence, ont une foi forte et ardente supportée et encouragée par leurs parents, eux-mêmes croyants, et par d’autres adultes influents, ils sont non seulement susceptibles de garder la foi, mais de la voir évoluer.
Les parents doivent être conscients que le fait d’aider leurs enfants à traverser cet important passage ne consiste pas à calibrer leur spiritualité à la perfection et penser que s’ils n’y arrivent pas, tout est perdu. Ces facteurs sont grandement déterminés par une démarche généralisée appliquée au fil des ans et non par un désir de régler chaque petit détail. Les parents devraient s’encourager en se disant que d’inculquer la foi à leurs enfants ne relève pas de la science infuse, mais bien de leur propre engagement dans la foi, de leur loyauté et leur honnêteté, et ce, même s’ils ne sont pas parfaits en tout point.
Glenn T. Stanton est le directeur des études sur la constitution des familles de Focus Famille à Colorado Springs.
© 2010 Focus on the Family. Tous droits réservés. Copyright international assuré. Avec autorisation.
- 1La NSYR est une étude longitudinale (de 2001 à 2014) effectuée auprès de 3 290 jeunes et qui inclut des entrevues personnelles avec 267 des répondants, dans 45 états des États-Unis.
- 2Christian Smith, Souls in Transition: The Religious & Spiritual Lives of Emerging Adults, (Oxford University Press, 2009), p. 220-224.
- 3Christian Smith, qui présente les Family Insights Lecture Series, Focus on the Family, Colorado Springs, 2010.
- 4Smith, 26 juillet 2009, p. 256
- 5Faith in Flux: Change in Religious Affiliation in the U.S., The Pew Forum on Religion and Public Life, avril 2009.
- 6Smith, 2009, p. 213
- 7Smith, 2009, p. 214.
- 8Smith, 2009, p. 254
- 9Smith, 2009, p. 256.
- 10Smith, 2009, p. 248-249.

