Les cinq langages du pardon

Évitez une mauvaise communication en découvrant ce que votre époux et vous considérez comme des excuses valables

Écrit par Amy Van Veen

Si quelqu’un vous fait du mal puis vous dit : « Je suis désolé », le croyez-vous ? Ou avez-vous besoin qu’il dise ou fasse autre chose pour démontrer la sincérité de ses excuses ?

S’il vous est déjà arrivé que votre mari ou votre femme s’excuse, sans que vous ayez l’impression que c’est sincère, peut-être parlez-vous deux langages du pardon différents.

Dans leurs cabinets respectifs, les docteurs Gary Chapman et Jennifer Thomas ont souvent observé des couples où régnait l’incompréhension par rapport aux excuses l’un de l’autre. « Les excuses exprimées n’avaient pas l’effet escompté, à savoir le pardon et la réconciliation » écrit Chapman dans son livre When Sorry Isn’t Enough. (Quand pardon ne suffit pas, uniquement disponible en anglais.)

En suivant le modèle de ses recherches concernant les cinq langages de l’amour (les paroles valorisantes, les cadeaux, les services rendus, les moments de qualité et le toucher physique), il a découvert qu’il existait cinq manières différentes de s’excuser :

  1. Exprimer des regrets
  2. Assumer ses responsabilités
  3. Restituer ou réparer ce qui a été abîmé
  4. Se repentir sincèrement
  5. Demander pardon

Tout comme cela se passe avec les cinq langages de l’amour, certaines personnes réalisent que plusieurs langages du pardon font écho auprès d’elles, mais il est souvent possible de déterminer quel est notre langage principal en se disant à soi-même : « Je sais qu’il a dit qu’il s’excusait, mais j’aimerais juste qu’il… »

À travers ses recherches, Jennifer Thomas a découvert qu’à cause de l’esprit rationnel de son mari, celui-ci s’attendait à ce qu’elle assume ses responsabilités. De son côté, puisqu’elle avait tendance à valoriser l’aspect émotionnel, elle avait besoin de l’entendre exprimer des regrets. Elle explique : « Au bout de treize ans de mariage, nous étions enfin capables de raccourcir le temps de nos disputes en nous excusant selon le principal langage de l’autre plutôt que le nôtre. »

Au sein de son propre mariage, Gary Chapman se rappelle aussi certains moments où il a eu l’impression que les excuses de sa femme Karolyn n’étaient pas sincères. Avec du recul, il se rend compte que ce n’était pas un réel manque de sincérité, c’était simplement parce qu’ils parlaient deux langages du pardon différents.

Que vous soyez marié depuis moins d’un an ou depuis des décennies, il n’est jamais trop tard pour apprendre ce que votre moitié et vous attendez d’une excuse.

Exprimer des regrets

Pour le dire simplement, exprimer des regrets, c’est prononcer : « Je suis désolé ». Pour ceux dont cela est le principal langage du pardon, ces quelques mots sont essentiels et leur absence est particulièrement remarquée.

« Il arrive souvent que les coupables ne réalisent même pas qu’ils ont oublié les “mots magiques”, écrit Thomas, mais vous pouvez être certains que ceux qui sont en face fouillent le silence à la recherche de ces paroles. »

Bien sûr, des excuses sincères vont bien plus loin que ces quelques mots, mais le fait de ne pas les négliger quand vous demandez pardon peut faire une grande différence pour celui dont c’est le langage.

Les deux auteurs expliquent : « Le langage du regret… se concentre sur la douleur de l’autre, sur votre comportement et sur le lien entre ces deux éléments. Cela l’informe que vous souffrez parce que vous avez conscience que vos actes l’ont blessé. C’est cette identification à leur douleur qui motive leur volonté de vous pardonner. »

L’expression de regrets sincères implique :

  • Admettre votre culpabilité et comprendre la souffrance causée par votre comportement
  • Avoir un langage corporel qui reflète la sincérité de vos regrets
  • Spécifier de quels actes on parle et la manière dont ils ont affecté votre époux ou épouse ; par exemple : « Je suis désolé d’avoir… »

À quoi voit-on qu’une personne n’exprime pas des regrets sincères ?

  • Lorsque vous cherchez des excuses ou formulez des justifications ; par exemple : « Je suis désolé, mais… »
  • Lorsque vous rejetez la faute sur l’autre
  • Lorsque vous dites « je suis désolé » pour pousser votre époux ou épouse à s’excuser à son tour
  • Lorsque vous vous excusez de la manière dont l’autre se sent plutôt que de ce que vous avez fait ; par exemple : « Je suis désolé que tu te sentes blessé »

Assumer ses responsabilités

Pour ceux qui parlent ce langage, il est important d’entendre quelque chose de l’ordre de : « J’ai eu tort ». Malheureusement, il s’agit là d’une compétence relationnelle avec laquelle certains d’entre nous ont des difficultés. Selon la manière dont vous avez été élevés, le fait de prendre ses responsabilités et d’accepter ses torts peut être perçu comme un signe de faiblesse et donc vous donner l’impression de vous dévaloriser.

« Lorsqu’un enfant est trop souvent puni, condamné ou qu’on le couvre de honte pour des infractions mineures, cela dégrade chez lui le sentiment de sa propre valeur, explique Chapman et Thomas. Inconsciemment, l’enfant crée un lien émotionnel entre un mauvais comportement et une mauvaise estime de soi, ce qui fait qu’admettre avoir eu tort revient à se qualifier soi-même de “mauvaise personne”. L’enfant qui grandit en développant un tel schéma émotionnel aura du mal à admettre ses erreurs une fois devenu adulte parce que cela met un sérieux coup à son estime de lui-même. »

Lorsqu’on a cet état d’esprit, on peut rapidement chercher à accuser les autres ou à trouver des justifications pour notre comportement quand quelqu’un nous y confronte. Heureusement, Dieu nous a donné la capacité d’apprendre, de grandir et de gagner en maturité. S’il s’agit d’un langage qui est difficile pour vous à employer, vous pouvez y travailler avec un thérapeute pour vous débarrasser de ces schémas émotionnels négatifs venus de votre enfance et apprendre à accepter et à assumer vos responsabilités lorsque vous avez commis une erreur ou que vous avez fait du mal à quelqu’un.

Assumer réellement ses responsabilités implique :

  • Dire « j’ai eu tort » sans rien rajouter ; aucune excuse ou justification
  • Connaître et reconnaître la différence entre « j’ai eu tort » (culpabilité) et « je suis une mauvaise personne » (honte)
  • S’approprier le droit de ressentir des émotions négatives (colère, frustration, etc.) tout en admettant qu’il est incorrect de faire subir ces émotions à votre époux ou épouse (s’en prendre à lui ou à elle, se murer dans le silence, etc.)

À quoi voit-on qu’une personne ne prend pas sincèrement ses responsabilités ?

  • Elle accuse son mari ou sa femme d’être responsable de ses comportements
  • Elle minimise ses responsabilités en disant : « J’ai eu tort, mais… »

Restituer ou réparer ce qui a été abîmé

Pour ceux qui ont besoin de percevoir un acte de restitution pour croire à la sincérité des excuses de l’autre, les mots « je suis désolé » ou « j’ai eu tort » ne sont pas suffisants. Ils ont aussi besoin d’entendre : « Que puis-je faire pour réparer cela ? »

« Sans cet effort de restitution, la personne en face continuera à remettre en question la sincérité de vos excuses, écrivent Chapman et Thomas. Elle a besoin d’être rassurée sur votre amour sincère de manière tangible. »

C’est là que le fait de comprendre le langage de l’amour de votre époux ou de votre épouse vous aidera à vous faire réellement pardonner. Si vous pouvez lui montrer à travers des paroles valorisantes, des cadeaux, des services rendus, des moments de qualité ou du toucher physique que vous l’aimez et que vous êtes réellement désolé, votre moitié pourra considérer que vos excuses sont sincères.

Il faut noter que certaines excuses, selon ce qui a été fait, exigent plus que le simple fait de parler le langage de l’amour de l’autre. « Cela peut exiger un “payement” ou une “restitution” de quelque chose qui a été pris : une voiture endommagée, un objet abîmé… ou même une réputation détériorée » font remarquer les auteurs.

Une restitution sincère implique :

  • De vraies excuses ainsi que l’expression de son désir de rétablir la situation
  • Utiliser le langage de l’amour de l’autre pour démontrer concrètement que l’on souhaite réparer ses torts
  • Rembourser ou réparer tout autre dommage causé

À quoi voit-on qu’une personne n’est pas sincère dans son désir de restitution ?

  • Elle fait des promesses vides qui ne débouchent sur rien
  • Elle refuse de parler le principal langage de l’amour de son mari ou de sa femme pour réparer ses torts

Se repentir sincèrement

Vous pensez peut-être que la plupart des comportements qui doivent être suivis d’excuses devraient de toute façon conduire à des changements, et vous avez raison. Mais les personnes dont c’est le principal langage du pardon ont véritablement besoin d’entendre l’autre dire : « Je veux changer ». Si vous choisissez de vous contenter d’un « désolé » et de changer votre comportement sans rien dire à votre époux ou votre épouse, ce dernier ne réalisera peut-être pas que le changement en question fait littéralement partie de vos excuses.

« Lorsque vous vous excusez, il vaut bien mieux exprimer votre désir et votre intention de changer. Cela indique à la personne que vous reconnaissez vraiment que votre comportement n’était pas bon et vous avez tout à fait l’intention de changer ce comportement », expliquent Chapman et Thomas.

Une repentance sincère inclut trois étapes :

  • Exprimer son intention de changer
  • Élaborer un plan pour mettre ce changement en œuvre
  • Mettre en œuvre le changement

À quoi voit-on qu’une personne n’est pas sincère dans son désir de repentance ?

  • Un plan très vague en ce qui concerne la mise en œuvre du changement
  • Cacher et/ou minimiser les rechutes dans le comportement que vous avez affirmé vouloir changer
  • Faire preuve d’un manque d’humilité et/ou éviter d’impliquer votre époux ou épouse dans votre plan de changement

Demander le pardon de l’autre

Vous avez peut-être déjà entendu quelqu’un se plaindre : « Il m’a dit qu’il était désolé, mais il ne m’a jamais demandé si j’étais d’accord pour lui pardonner. » Ceux dont c’est le langage du pardon ont besoin qu’on demande leur pardon pour pouvoir participer activement à l’acte de réconciliation.

Cependant, ce n’est pas quelque chose de simple à faire pour tout le monde. Quand vous dites : « Acceptes-tu de me pardonner ? » le choix de pardonner ou non se retrouve entièrement dans les mains de l’autre. Ceux qui aiment garder le contrôle sentent alors qu’il leur échappe. Ceux qui craignent d’être rejetés se mettent en position de ne pas recevoir le pardon et donc de vivre une forme de rejet. Et ceux qui ont peur de l’échec peuvent penser que l’absence de pardon de leur mari ou de leur femme est le reflet de leur estime de soi.

Cependant, comme ceux qui éprouvent des difficultés à assumer leurs responsabilités, il est possible de progresser dans ce domaine. Cela dit, il se peut que l’aide d’un thérapeute soit nécessaire dans ce domaine.

Chapman et Thomas expliquent : « Les personnes qui font preuve de maturité peuvent reconnaître leurs peurs tout en refusant d’en rester prisonnières. Lorsqu’elles estiment qu’une relation est importante, elles sont prêtes à affronter leurs peurs et à faire ce qu’il faut pour réparer la relation. »

Demander sincèrement pardon implique :

  • Inviter humblement l’époux offensé à participer activement à la réconciliation
  • Faire preuve de patience, surtout si l’autre a besoin de temps pour accorder son pardon

À quoi voit-on qu’une personne n’est pas sincère lorsqu’il demande le pardon de l’autre ?

  • Lorsqu’elle exige le pardon plutôt que de le demander
  • Lorsqu’elle s’attend à recevoir ce pardon immédiatement et manifeste colère et frustration lorsque ce n’est pas le cas
  • Lorsqu’elle refuse d’admettre sa culpabilité et/ou de changer de comportement

Découvrez les langages du pardon qui vous correspondent ainsi qu’à votre époux ou épouse

Au cours de leurs recherches, Chapman et Thomas ont découvert que dans 75 % des couples qu’ils ont interrogés, les deux partenaires n’ont pas le même langage principal du pardon. Et 15 % d’entre eux ont des langages complètement opposés, c’est-à-dire que leur langage principal est le dernier choisi par l’autre.

Pour aider chacun à identifier son propre langage du pardon, ils suggèrent de se poser les trois questions suivantes :

  1. Qu’est-ce que je voudrais que la personne dise ou fasse lorsqu’elle s’excuse auprès de moi ?
  2. Qu’est-ce qui me fait le plus souffrir dans cette situation ?
  3. Comment ai-je l’habitude de présenter mes excuses aux autres ?

Apprendre à s’excuser dans le langage de votre moitié prend parfois du temps, mais cela peut faire une énorme différence dans votre couple. Comme l’expliquent Chapman et Thomas : « Nous croyons que lorsque chacun apprend à s’excuser et à comprendre le langage du pardon de l’autre, il devient possible d’éviter les fausses excuses et de vivre dans l’honnêteté, la confiance réciproque et la joie. »

 

Amy Van Veen est Directrice de contenu et des services créatifs chez Focus on the Family Canada.

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